Depuis plusieurs jours, suite à la publication tronquée de quelques tweets reproduits de mon compte twitter (@laurentozon) par la responsable des MJS Madame Laurianne Deniaud, une polémique s'est déclenchée car certains ont jugé "choquant" que l'on puisse chercher à analyser les massacres de l'ile d’Utoya et de Oslo de vendredi dernier. Cette polémique a provoqué plusieurs centaines d'articles dans la presse, de points à la radio, de mentions à la télévision et des dizaines de milliers de commentaires sur de nombreux blogs reprenant ces informations.
Dans l'ensemble, je trouve que les journalistes ont fait preuve de correction, en me permettant de préciser à de nombreuses reprises que mon intention était bien de tenter d'expliquer le contexte social Norvégien en réaction à ce que l'on nous présentait comme bisounours-land il y a encore 48 heures (une palme de plus pour Le Figaro dans la désinformation), et non de justifier, bien sûr, cet acte ignoble. Ces tweets sont en ligne, mes abonnés anciens et nouveaux pourront s’y référer. Je ne souhaite évidemment pas que la « froideur » des statistiques et des données sociologiques présentes dans les documents et études mentionnés dans mes messages ne laisse supposer une quelconque indifférence à ce drame.
Les journalistes qui ont présenté des articles à charge, truffés de syllogismes et amalgames ne méritent pas, selon moi, de porter la même appellation professionnelle que les hommes et les femmes qui risquent leur vie aux quatre coins du monde pour faire ce métier. Ils se reconnaîtront.
Pour vous donner en synthèse le fond de ma pensée, je suis persuadé que l'anarchie migratoire que nous supportons et que supportent de nombreux pays européens (mais aussi d'autres comme le Maroc) est un facteur de déstabilisation massive ; que cette déstabilisation provoque des tensions intercommunautaires et une augmentation rapide des violences sociales dans tous les pays qui la subissent. Les manifestations de cette rapide montée de la souffrance sociale sont traitées de façon autistique par l'Oligarchie européenne qui persiste à imposer à ses peuples une société ouverte aux quatre vents des flux de personnes et de marchandises. Dois-je aligner les chiffres pour rendre compte de cette situation ? Une chose est certaine, il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les personnes honnêtes ne remettront pas en question ce bouleversement sociologique, culturel, religieux.
Les questions que pose donc, selon-moi, l'attentat, le massacre d'un homme qualifié par les médias d'anti-musulman et d'extrémiste de droite, sont « En quoi ces bouleversements sont-ils susceptibles de provoquer des répliques de cet événement en Norvège mais aussi partout, demain, en Europe ? Comment ne pas voir que cette violence monte et que nous ne pourrons la contenir si nous persistons à ne pas regarder la réalité en face ? »
Je conçois parfaitement que l'on puisse ne pas partager cette analyse. Elle est le résultat d’années de travail et d’étude. Elle motive mon engagement actuel pour Marine Le Pen et je la fonde sur des données nombreuses, diverses et solides. Je demande seulement que nous puissions en débattre. Est-ce trop demander en France ? Dans la patrie de Voltaire, de Victor Hugo ? Je crois que ce drame peut être l’occasion de parler librement et dans le respect, de l’évolution de nos sociétés. Si nous ne le faisons pas, et si rien n’est fait pour enrayer cette évolution, nous vivrons d’autres drames, j’en ai la conviction.
De la pointe de la Bretagne le 27 juillet 2011.
Je termine ce rapide message (car je suis en un lieu ou internet et l’électricité sont une rareté) en précisant que ma réaction n’engage que moi et que mon engagement aux cotés de Marine Le Pen ne la fait pas partager comme je le crois, pour ma part, la nécessité de l’urgence de ce débat.Le Front National a trop souffert des accusations souvent injustes dans son histoire pour ne pas aborder ces événements dans la crainte de nouvelles injustices, de nouvelles insupportables campagnes de calomnie. Je comprends donc parfaitement cette position.
Mais ayant été mis en cause publiquement, je ne peux me soustraire et je dois aussi prendre le soin, pour moi-même, mes amis et ma famille, d’éclairer mon propos pour que ne subsiste pas, dans la mesure du possible, l’image qu’ont cherché à donner de moi certaines personnes mal informées ou malhonnêtes. C’est mon droit et c’est aussi mon devoir.
Bravo pour votre lucidité et pour votre courage, deux qualités qui manquent à beaucoup de nos contemporains...
RépondreSupprimerIl faut souvent en politique réagir à chaud pour exister et provoquer le buzz ; c'est ce que l'on peut appeler une démarche politicienne. J'adhère pour ma part à l'idée que le politique doit cibler le bien commun, et pour cela s'inscrire dans le temps et la durée. Votre réaction à chaud sur le drame norvégien me semble être de la première catégorie, nourrie néanmoins d'un désir sincère de provoquer une discussion de fond. Je ne peux malgré tout m'empêcher de penser que votre démarche manque de prudence politique et personnelle ; il faut laisser le temps au temps de décanter les choses.
RépondreSupprimerSur le fond des problèmes que soulèvent ces attentats, à savoir un choc de civilisations nous amenant droit dans le mur, on peut en effet débattre, et c'est sans doute souhaitable. Je ne partage par contre ni le point de vue des droites extrêmes, ni le vôtre sur ce sujet. Loin de moi le désir de rêver d'une France ou d'une Europe "Pays de Candy", il ne faut pas être naïf. C'est une évidence, dans tout système humain ou non, des déséquilibres rapides génèrent de graves problèmes ; la mondialisation que nous connaissons participe à ces déséquilibres brutaux. L’objectif n'est absolument pas de nier cet état de fait, mais de savoir quelle attitude nous devons avoir pour y faire face ; une attitude "conservatrice" arqueboutée sur des perceptions erronées du passé, ou une attitude pragmatique de "progrès" qui inclut dans sa réflexion les paramètres "contraintes" sans les nier, mais dans le but de construire un monde vivable pour tous?
Se référer au passé, à des valeurs "intemporelles", à mère Nature, ..., est comme prendre des instantanés dans le temps et porter ces instantanés sur un piédestal pour les vénérer. Pour ma part, je les considère comme des illusions, comme une photo est une illusion de la réalité, même si au demeurant belle. C'est nier que le monde est mouvement, la vie est mouvement, le temps est mouvement, et que tout cela s'impose à nous malgré nous. L'humilité selon les anciens c'est d'accepter la loi du réel. N'agissons que ce sur quoi l'on peut agir, et n'agissons que pour le bien de l'Homme et de son environnement. N'ayons pour gloire souhaitée que le désir de vivre tous en bonne intelligence. C'est un but, pas forcément une réalité j'en conviens ; mais sans direction, aucune chance d'aller où que ce soit.
(suite prochain msg...)
(...)
RépondreSupprimerSi la seule constante c'est le changement accompagnons ce mouvement, reprenons à notre compte les enseignements de Morihei Ueshiba, créateur de l'Aïkido ; nous ne sommes plus dans une logique d'affrontement, mais dans une logique de résolution du conflit, d'accompagnement des déséquilibres. C'est une vraie démarche positive, basée sur la créativité et la compréhension du monde avant tout. C'est plus exigeant certainement.
Comment appliquer cette démarche au "problème" soulevé par Anders Behring Breivik dans son manifeste, i.e. la confrontation de deux mondes, la destruction de cultures ancestrales, d'identités imaginées? En en prenant acte tout simplement ; cette réalité n'est pas celle rêvée par beaucoup, mais elle est! Le monde "ancien" ne sera plus jamais le même, comme notre monde d'aujourd'hui ne sera pas dans le futur. Nous savons seulement que des hommes et des femmes vivent côte-à-côte et que c'est du devoir du politique d'essayer de les faire vivre ensemble. Cela passe forcément par un contrat social, contrat social devant lui-même être réactualisé à échéances régulières. Les aspirations de notre génération ne sont pas celles de nos ainés, et ne seront pas celles de nos descendants. Sur quelles valeurs désirons-nous bâtir une nouvelle société? Quels sont les besoins propres individuels ou collectifs qu'il nous faut satisfaire? Quel langage, quel imaginaire, quelle narration collective voulons-nous construire? Je propose aux chrétiens, et non-chrétiens d'ailleurs, de relire les béatitudes ; il s'y trouve sans doute des clefs pour construire une société plus "humaine".
l'émotion suscitée par ce drame ne doit pas occulter les questions que posent l'augmentation sans précédent des déplacements des populations et la sédentarisation de celles-ci dans des régions culturellement différentes des régions de départ. Très longtemps le front national a été le seul parti à exprimer le sentiment d'une partie des Français à être étranger chez eux et il faut se réjouir qu'aujourd'hui un plus grand nombre de politique s'intéresse à cette partie de la population et la tentative de jeter le discrédit sur front national (et les partis politiques de droite nationale européens) à la suite de cet acte odieux résulte du déni de réalité dont certains politiques se sont faits une spécialité. Je pense au contraire comme le disais J.M le Pen que le Front national peut s'offrir la paternité du calme relatif qui regne sur la question de l'immigration en ayant offert un espoir politique à ceux qui seraient tenté de commetre des attentat pour s'offrir la tribune pour exprimer leur opinions.
RépondreSupprimerVotre analyse juste et pertinente me parait posée et très équilibrée , n'en déplaise à certains et explique sans justifier - par la meme logique- pourquoi des fanatiques dans le monde se font sauter contre ceux qu'ils accusent d'invasion coloniale ou néocoloniale.CQFD.
RépondreSupprimerCher Augustin d'Yponne. Vous etiez eveque des environs de Carthage me semble t il ... juste quelques annees avant l invasion neocoloniale des barbares venus du nord, qui elle meme avait ete precedee par l occupation romaine d une colonie phenicienne a l origine, et suivie plus tard par l invasion arabe.
RépondreSupprimerVoila, moi aussi je fais une "analyse" qui n est d autre qu une paraphrase de l histoire, comme l analyse du drame d oslo n est finalement qu une paraphrase du manifeste de l illumine qui a decime 76 personnes.
Ne soyons pas touches par le syndrome de Stockolm ( c est pas loin je sais), ne nous substituons pas au therapeutes. Cherchons simplement des solutions raisonnables, dignes de l humain pour resoudre des problemes objectifs et non fantasmagores. Evitons aussi le proselytisme politique ;)
(desole pour les accents, ah ces mobiles!)
Hippone...humpf
RépondreSupprimermerci, continuez ! et essayons de ne pas faire de polémiques stupides. Oui l'immigration massive est un problème, pour les pays qui les accueillent et et les immigrés eux mêmes. Un fou s'empare d'un fusil et fait un carnage, et aussitôt, on nous dit de ne rien dire !
RépondreSupprimerTout d’abord merci pour votre message.
RépondreSupprimerVous introduisez votre contribution en précisant que vous pensez que ma démarche relève de la démarche « politicienne » consistant à créer du buzz, démarche que vous distinguez de votre conception du politique qui consisterait en la recherche de l’intérêt général. Vous ne serez pas surpris que ne partage pas votre appréciation.
Tout d’abord parce que derrière votre catégorisation binaire (surprenante pour un adepte des philosophies complexes) il y aurait d’un coté le buzz et de l’autre l’activité responsable et le travail constructif du « bon politique ». Hors le politique n’est pas selon moi, seulement un administrateur de la collectivité. Il insère son action dans le cadre inévitablement conflictuel qui résulte des moyens et des fins contradictoires des membres d’une société donnée. De ce point de vue, je suis persuadé que la polémique née de l’extraction tronquée de quelques uns de mes tweets par le Parti Socialiste peut contribuer à servir l’intérêt général. Qu’elle ne me serve pas c’est possible. Qu’elle ne serve pas le parti politique à l’intérieur duquel j’agis c’est plus discutable (voir l’analyse du Point). Qu’il soit contraire à l’intérêt général, à l’occasion d’un massacre hallucinant, perpétré avec préméditation à deux heures d’avion de Paris, en Europe, de poser la question de la violence croissante de nos sociétés profondément déstabilisées par l’anarchie migratoire, cela non !
Nous pourrions nous interroger sur la pertinence de ce questionnement si tôt mais que dire de plus que je n’ai pas souhaité qu’il prenne cette dimension nationale en publiant sur mon compte Twitter restreint des données sociologiques objectives en réaction à ce que j’entendais comme description de la Norvège dans les médias depuis des heures. On nous présentait la Norvège comme un petit royaume paisible. Je communiquais à mes abonnées des données montrant que ce n’était pas le cas. Que ce pays est en souffrance sociale et que cette souffrance n’est pas due à sa situation économique mais aux tensions intercommunautaires et à l’augmentation incontrôlée de l’immigration. Quelques chiffres : population d’origine afro-orientale (Machrek, Maghreb et Afrique) a été multipliée par 58 en quelques années, l’année dernière, 100% des viols (par ailleurs en augmentation régulière depuis 10 ans) ont été commis par des non-norvégiens, foyers d’accueils incendiés, polémique nationale au sujet d’une norvégienne se convertissant à l’Islam parce que ce serait « dissuasif contre les agressions sexuelles », etc.
Alors je vous le demande, cette situation n’est-elle pas en corrélation positive avec les engagements d’un homme qui tue des dizaines d’autres et que les médias nous présentent comme d’extrême-droite et anti-musulman ? Qui osera me dire que ce sont là des données sans rapport avec le drame ?
Après la publication de certaines de ces notes (les plus courtes et les moins précises bien-sûr), qui a cherché à créer du buzz ? Il me semble que cette polémique a été créée par le Parti Socialiste. Ma responsabilité, c’est d’avoir remis en question le film de Disney que l’on nous vendait et qui n’avait pour objectif que d’accréditer la thèse du fou isolé, psychopathe et, une fois encore, d’escamoter le débat, la recherche d’explication. Rendre incompréhensible cet acte permettait de ne pas poser le contexte. De ne pas parler de ce qui ronge la société Norvégienne comme beaucoup d’autres sociétés européennes. Alors si la question est de savoir si c’était mon intérêt : non. Si c’était l’intérêt du Front-National : nous verrons. Mais si c’est l’intérêt de notre société d’éclairer ce qui se joue dans ce drame et les revendications du meurtier ? Alors là oui. Sans regret !
RépondreSupprimerJe suis même sincèrement persuadé du fait que si nous ne posons pas démocratiquement et rapidement cette question du multiculturalisme et de l’explosion migratoire qui s’abat sur l’Europe, rien ne pourra empêcher une montée de violence hallucinante dans les année à venir. Votre dieu seul sait comme elle se terminera mais je ne vois pas en quoi se mettre la tête dans le sable au nom de l’humanisme et de nobles aspirations qui vous honorent, servira l’intérêt général. L’enfer est pavé de bonnes intentions dit le proverbe …
Pour le reste, votre réflexion sur le caractère mouvant de l’histoire est assez amusant. C’est un prisme comme un autre. Nous pouvons chercher à voir la stabilité ou l’instabilité dans le vivant. Les deux sont vrais. Les hommes parlent souvent de la nature pour légitimer leurs façons de penser qui sont elles-mêmes constituées pour servir leurs actes. Pensez-y…
Pour ce qui me concerne, je vois derrière votre « prenons acte », une acceptation souriante de la loi du plus fort. C’est votre choix, mais quel est votre degré de liberté avec celui-ci ? Pouvez-vous vraiment faire autrement ? C’est là la clé de la valeur de vos propos. Je me méfie des leçons de tempérance lorsqu’elles émanent de personnes incapables d’une autre attitude et dont la tempérance est l’habillage sophistiqué de la faiblesse. Je me méfie des révoltes destructrices de ceux qui ne peuvent maîtriser leurs actes et leurs vies car incapables de construire et de créer.
Quoi qu’il en soit, il faut des sages résignés dans l’histoire, il faut aussi des combattants.
bien cordialement,
LO